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TEXTES FONDATEURS

 

Déclaration à propos de l'assomption

LA DECLARATION D'UTRECHT DU 24 SEPTEMBRE 1889

A l’Eglise Catholique,

Assemblés en conférence, à l’instigation de l’Archevêque d’Utrecht, soussigné, nous avons décidé, sous réserve de consultation de nos collaborateurs, conseilleurs et théologiens, de renouveler périodiquement nos assemblées pour nous entretenir de nos intérêts communs.

Dans notre première session, nous avons jugé convenable d’inscrire succinctement, dans une proclamation collective, les principes ecclésiastiques qui nous ont servi et nous serviront à l’avenir de ligne de conduite dans l’exercice de nos fonctions épiscopales et que nous avons maintes fois eu l’occasion d’énoncer de façon particulière :

1.  Nous tenons fermement à ce principe de l’ancienne Eglise que Vincent de Lérins a exprimé en ces termes : «  Id teneamus, quod ubique, quod semper, quod ab omnibus creditum est ; hoc est etenim vere proprieque catholicum. » (Tenons-nous à ce qui a été cru partout, toujours et par tous, car cela est vraiment et proprement catholique). C’est pourquoi nous persistons dans la foi de l’Eglise primitive, telle qu’elle est proclamée dans les dogmes des conciles généraux de l’Eglise indivisée du premier millénaire, dogmes universellement reconnus. 

2. Nous repoussons les décrets du Vatican, promulgués le 18 juillet 1870, sur l’infaillibilité et l’épiscopat universel ou omnipotence ecclésiastique du pape. Ces décrets sont en contradiction flagrante avec les croyances de l’Eglise primitive et bouleversent l’ancienne constitution ecclésiastique. Cela ne nous empêche pas de reconnaître le primat historique, titre que plusieurs conciles œcuméniques et les pères ont donné à l’évêque de Rome, lorsqu’ils l’appelaient, avec l’assentiment de l’Eglise entière du premier millénaire : « Primus inter pares » (Le premier entre égaux). 

3.  Nous rejetons aussi la déclaration de l’Immaculée Conception de Marie, du Pape Pie IX, en 1854, parce que non fondée sur les Saintes Ecritures et la tradition des premiers siècles. 

4. Nous répudions encore tous les décrets dogmatiques plus récents de l’évêque de Rome : Bulle «  Unigenitus », « Auctorem fidei », le Syllabus de 1864, etc., en tant qu’ils dérogent à la doctrine de l’Eglise primitive et nous ne les admettons pas comme obligatoires. Nous renouvelons, en outre, toutes les protestations de la vénérable Eglise catholique de Hollande contre Rome. 

5.  Nous repoussons les décisions disciplinaires du Concile de Trente et n’acceptons pas ses définitions dogmatiques que pour autant qu’elles concordent avec les doctrines de l’ancienne Eglise. 

6. Considérant que le Sainte Eucharistie est en tout temps, dans l’Eglise catholique, le centre véritable de l’Office divin, notre devoir est de déclarer que nous tenons avec fidélité et dans son intégralité au dogme catholique ancien du Saint-Sacrement de l’Autel, en croyant que nous recevons le corps et le sang de Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même sous les espèces du pain et du vin.

La célébration eucharistique dans l’Eglise n’est point une répétition continuelle, un renouvellement du sacrifice expiatoire que le Christ a offert sur la croix une fois pour toutes. Le caractère de sacrifice de la cérémonie réside dans la mémoire qu’elle perpétue et dans la représentation terrestre réelle de ce sacrifice unique du Christ pour le salut du genre humain. Sans cesse le Christ offre son sacrifice au Ciel, selon l’enseignement  de l’Epître aux Hébreux (9, 11-12), en comparaissant pour nous devant la face de Dieu (Hébreux 9, 24).

Voilà le caractère de l’Eucharistie, touchant le sacrifice du Christ. Mais elle est en même temps un repas sacré, dans lequel les croyants qui reçoivent le corps et le sang du Christ, sont en mutuelle communion (1 Corinthiens 10, 17). 

7. Nous espérons qu’en se tenant fermes aux croyances de l’Eglise indivisée, les théologiens réussirons à provoquer une entente sur les divergences nées des schismes. Nous exhortons les ecclésiastiques placés sous notre direction à enseigner, en chaire et en catéchisme, en premier lieu les vérités chrétiennes essentielles communément professées par toutes les confessions séparées, d’éviter sans scrupule toute transgression de la vérité et de la charité dans l’exposé des divergences encore existantes et d’inciter, par la parole et par l'exemple, les fidèles de nos paroisses à se comporter envers les autres croyants selon l’esprit de Jésus-Christ notre Sauveur à tous. 

8. C’est par notre inébranlable attachement à l’enseignement de Jésus-Christ, par notre rejet des erreurs qu’y a introduites la spéculation humaine, des abus religieux et des ambitions de la hiérarchie que nous pensons pouvoir combattre le plus efficacement ces maux majeurs de notre temps : l’incrédulité et l’indifférence en matière religieuse.

Déclaration d'Utrecht

LA DECLARATION A PROPOS DE L'ASSOMPTION

A la suite de la proclamation du dogme de l’assomption corporelle de Marie, par PIE XII en 1950, l’épiscopat vieux-catholique fit la déclaration suivante le 26 décembre de la même année : 

« Au nom de la Très Sainte Trinité, nous évêques vieux-catholiques, unis par la Déclaration d’Utrecht du 24 décembre 1889, confessons ce qui suit au sujet de la doctrine de l’assomption corporelle de la Vierge Marie au Ciel ». 

A l’Eglise catholique, 

En union avec l’Eglise une , sainte, catholique et apostolique, nous professons la foi en « Jésus-Christ Fils unique de Dieu, notre Sauveur, qui a été conçu du Saint-esprit et né de la Vierge Marie ».

Nous confession que Dieu a élu Marie, afin que, Vierge, elle devint par le Saint-Esprit Mère du Verbe divin, de toute éternité Dieu et auprès de Dieu, et qui « pour nous, hommes, et pour notre salut » est devenu par elle chair et homme.

Nous confessons que l’Eglise a donné à la Vierge Marie le nom de « Mère de Dieu » proclamé la foi que d’elle, n’est pas né un homme seulement, mais aussi Jésus-Christ, de toute éternité consubstantiel au Père, Dieu et homme en une seule personne.

Nous confessons que Dieu nous a donné en son Fils unique, l’unique Rédempteur et Médiateur, par qui nous sommes sauvés et « qu’il n’y a de salut en aucun autre, car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés ».

Nous confessons qu’en Jésus-Christ, son Fils devenu homme, Dieu a tout révélé de ce qui est nécessaire à notre salut, qu’en tout temps il accorde cette révélation à son Eglise par le Saint-Esprit et que tout ce qui s’en écarte ou s’y ajoute ne contient pas la Vérité que Dieu nous a révélée.

C’est pourquoi nous repoussons à nouveau la doctrine selon laquelle l’évêque de Rome serait à même d’infailliblement prononcer, déterminer et décréter comme vérité salutaire de l’Eglise ce que Dieu a révélé et qu’il le pourrait, lors même qu’un tel enseignement ne serait pas témoigné par la parole de Dieu dans l’Ecriture Sainte ni par la foi universellement reçue de l’Eglise.

C’est pourquoi nous repoussons à nouveau la doctrine de l’Immaculée Conception de Marie proclamée par l’évêque de Rome (1854) et rejetons aujourd’hui la doctrine définie et proclamée en la fête de la Toussaint 1950 de l’assomption corporelle de la bienheureuse Vierge Marie dans la gloire céleste.

Nous regrettons que cette nouvelle doctrine de l’Eglise de Rome se soit de nouveau éloignée d’un pas de la Vérité qui vient de Dieu seul et que par là, l’état de la division chrétienne soit accentuée, alors que la Chrétienté s’efforce de rétablir son unité.

En communion avec l’Eglise de tous les siècles, nous vénérons la mémoire de la bienheureuse Vierge Marie, mère de notre Sauveur, la mémoire des Patriarches, des Prophètes, des Apôtres et de tous les Saints à qui Dieu a donné la couronne de la vie éternelle et nous prions Dieu, qui par son Saint-Esprit sanctifie et conduit le corps entier de l’Eglise, qu’il daigne exaucer l’intercession de l’Eglise triomphante et extirper de l’Eglise militante toute erreur, lui accordant la lumière de la Vérité et les dons de l’Unité et de la Paix, par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

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